Communiqué

Assemblée de mobilisation sur la réforme du mode de scrutin - Pour que toutes nos voix comptent!

MONTREAL, le 23 février 2002. - "Si nous nous sommes rassemblés aujourd'hui, citoyens et groupes, c'est pour demander d'une seule voix que la prochaine Commission sur la réforme du scrutin soit l'occasion d'un véritable débat; un débat sain et vigoureux qui traverse toute la société québécoise et permette à celle-ci de se doter d'institutions démocratiques renouvelées, mieux adaptées aux réalités politiques contemporaines, qui permettront aux citoyens de tous les horizons politiques de se sentir représentés. Dans un même souffle, nous appelons tous les citoyens du Québec à manifester leur volonté de participer à ce débat. Pour que toutes nos voix comptent, il faut qu'elles sachent se faire entendre".

Paul-André Martineau, président du Mouvement pour une démocratie nouvelle (MDN), faisait connaître aujourd'hui devant plusieurs centaines de personnes réunies à Montréal la direction qu'entend prendre la coalition qui s'est formée autour d'une volonté de rendre les institutions politiques québécoises plus représentatives et donc plus démocratiques. Le MDN rassemble un nombre croissant de citoyens et de groupes de tous horizons politiques qui sentent l'urgence de renouveler les institutions démocratiques au Québec par le biais de la réforme du mode de scrutin. Le rassemblement donnait l'occasion d'entendre certains d'entre eux s'exprimer sur la question. Etaient présents comme intervenants invités : Lorraine Guay, de la Fédération des Femmes du Québec (FFQ); Pierre-F. Côté, ancien directeur général des élections; Keder Hyppolite, représentant des communautés culturelles; Andrée Mayer-Périard, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ); Monique Richard, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ); Claude Ryan; François Saillant et John Trent, co-président de Fair Vote Canada pour la région de la capitale nationale.

Pour les membres de la coalition populaire, il n'est pas question de s'entendre sur la forme que prendra le prochain mode de scrutin, mais plutôt de s'assurer que le débat ait véritablement lieu et que les citoyens puissent se l'approprier et y participer. "Les membres du MDN s'entendent tous sur les principes que devra respecter l'éventuel mode de scrutin. Le système électoral sert à transformer le vote populaire en nombre de sièges à l'Assemblée nationale. Il faudra donc que le mode de scrutin à venir réponde de façon maximale à l'objectif d'une élection en démocratie : permettre le libre choix et respecter la volonté du peuple. De plus, nos futurs institutions politiques devront revaloriser le rôle des députés et instaurer de nouveaux rapports entre les pouvoirs exécutif et législatif de manière à assurer une plus grande indépendance à l'Assemblée Nationale". Pour ce faire, le MDN demande que la réforme soit guidée par les cinq principes de base suivants :

- La nécessité de démocratiser la vie politique;

- L'obligation de refléter le plus fidèlement possible la volonté populaire;

- Assurer une représentation plus égalitaire entre les femmes et les hommes;

- Refléter l'importance de la diversité québécoise;

- Refléter l'importance des régions dans la réalité québécoise.

Interpellant directement M. Jean-Pierre Charbonneau, ministre chargé de la réforme électorale, le président du MDN a par ailleurs présenté des demandes précises quant au déroulement et à la composition de la Commission sur la réforme du mode de scrutin. "Puisque les élections sont un contrat entre les citoyens et les élus, il est normal que des non-élus puissent siéger sur la Commission. Nous demandons donc à ce que soit ajouté un nombre de commissaires non-élus égal au nombre de commissaires élus actuellement prévu.

De plus, la Commission doit permettre l'accès le plus large possible aux citoyens. Il faudrait donc qu'elle accepte tous les types de mémoire, y compris oraux et électroniques, et qu'elle s'assure de rejoindre le plus grand nombre de citoyens possible en étant véritablement itinérante. Evitons aussi que le débat ne se confine entre les mains des experts. Le débat de fond est un débat social concernant l'ensemble des citoyens. Il est de la responsabilité de M. Charbonneau de s'assurer qu'il soit à la portée de ces derniers et qu'il porte sur les principes fondamentaux." A ce titre, le MDN entend provoquer un effet d'entraînement et susciter la plus grande participation possible des citoyens. Il présentera bien entendu son propre mémoire sur la réforme du mode de scrutin, mais il entend aussi jouer le rôle de facilitateur, notamment par la distribution de mémoires "à la carte", qui permettront aux citoyens de s'exprimer sans avoir à rédiger eux- mêmes l'entièreté d'un mémoire. Il distribuera également des trousses d'information sur les enjeux de la réforme.

"Nous souhaitons rencontrer M. Charbonneau dans les prochains jours, ajoute M. Martineau, afin de le sensibiliser à l'importance que revêt pour les membres de la coalition une véritable réforme du mode de scrutin. Nous prévoyons également tenir d'autres événements semblables à celui d'aujourd'hui. C'est un dossier d'une importance cruciale pour l'avenir de la société québécoise. Le MDN entend s'assurer que le gouvernement le réalise et qu'il permettra aux citoyens d'y participer pleinement. Il oeuvrera également à conscientiser la population sur l'importance de sa présence dans ce débat. C'est un rendez-vous que la population québécoise ne peut se permettre de rater".

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