La réforme du mode de scrutin québécois fait l’objet d’interventions et de débats publics depuis plus de quarante ans. Cependant, le MDN croit qu’en aucun moment de l’histoire nous avons été aussi près d’obtenir ce changement. La population n’a jamais manifesté autant d’intérêt pour la réforme et n’a jamais été aussi prête à l’accueillir qu’aujourd’hui. Les 20 000 signatures recueillies pour la pétition de 2007 forment à cet égard un témoignage éloquent.
Depuis 2001, le sujet n’est jamais totalement tombé dans l’oubli. La mobilisation s’est organisée et renforcée, et les initiatives politiques se sont multipliées. La dernière étape annonçant une réforme du mode de scrutin a été franchie avec le dépôt du rapport du Directeur général des élections du Québec, monsieur Marcel Blanchet. Ce rapport est un important outil de mobilisation non seulement parce qu’il est impartial, mais aussi parce que plusieurs de ses conclusions rejoignent celles du mouvement pro-réforme. Le 16 juin 2008, alors qu’il venait de clore les audiences sur une nouvelle carte électorale, le DGEQ a répété aux médias qu’une réforme s’imposait. Ainsi Radio-Canada pouvait-elle annoncer : « Marcel Blanchet constate que le mode de scrutin actuel ne permet pas d’assurer une représentation équitable pour tous les citoyens à l’Assemblée nationale. Il [nous] a confié que le système a atteint ses limites et qu'il faut le réformer *. »
Pourtant, une forte opposition demeure au sein des caucus des différents partis, quant au principe même du remplacement de l’actuel mode de scrutin, notamment en raison des pressions exercées par les élus municipaux en dehors des consultations publiques.
Pour contrer l’immobilisme politique actuel, la mobilisation, l’éducation et la sensibilisation sont plus importantes que jamais. Il faut maintenir la pression sur le gouvernement et les partis politiques pour que le Québec adopte bientôt un mode de scrutin permettant un plus grand respect de la volonté populaire, du pluralisme politique, ainsi qu’une juste représentation des femmes et de la diversité ethnoculturelle tout en reflétant les particularités régionales du Québec.
Le MDN souhaite que les ateliers « Vers un nouveau mode de scrutin » aide les Québécoises et les Québécois à prendre conscience que, collectivement, nous avons les compétences requises pour juger de ce qui est bon pour la démocratie. Nous avons le droit, la possibilité et la responsabilité d’améliorer la démocratie en poursuivant le travail amorcé.
Offrez l’opportunité à vos membres de se familiariser avec les résultats concrets d’une réforme du mode de scrutin et de constater par eux-mêmes, qu’améliorer la démocratie c’est non seulement souhaitable, mais que c’est possible.
Quoiqu’en pensent ses adversaires, la réforme du mode de scrutin n’est ni morte ni enterrée. On ne pourra l’abandonner tant que des citoyennes et des citoyens se mobiliseront pour la défendre. Il en va du respect du droit à la représentation et du droit de contribuer pleinement à la démocratie.
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* « Les limites sont atteintes », article publié sur le site Web de Radio-Canada le 16 juin 2008.
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2008/06/16/002-dge-carte-electorale.shtml


