Le Mouvement pour une
démocratie nouvelle réclame des modifications majeures au mode
de scrutin proposé dans lavant-projet de loi
Montréal, le 25 janvier 2006. Le Mouvement pour une démocratie
nouvelle (MDN) a présenté son mémoire lors de la première
journée des audiences publiques de la Commission spéciale sur
la loi électorale (CSLE). Elle y a réclamé des modifications
majeures au mode de scrutin proposé dans lavant-projet de loi du
gouvernement.
Le modèle proposé par le gouvernement (de type mixte à tendance majoritaire) contient des déficiences majeures qui doivent être corrigées car il ne permettra ni lexpression optimale de la volonté populaire, ni son respect global. Il doit donc être sérieusement reformulé.
Contrairement à ce quannonce lavant-projet de Loi, tous les votes ne compteront pas, les distorsions, les iniquités et le non-respect de la volonté populaire se poursuivront. La représentation des idées politiques, pourtant présentes dans la population, dépendra encore essentiellement de leur concentration géographique. « Ces problèmes nous les connaissons bien puisquils sont inhérents au système actuel et se produisent à chaque élection. Pour obtenir un changement véritable il ne faut surtout pas reconduire les défauts du système actuel sous une autre appellation » affirme Mercédez Roberge, présidente du MDN.
Cette réforme aura des répercussions à long terme sur lensemble de la société et lexercice ne doit pas être fait à moitié ni aboutir à un demi-résultat. Ainsi, le prochain mode de scrutin du Québec doit faire cesser les distorsions et les barrières et non pas uniquement réduire les écarts du système actuel. Tel que présenté, lavant-projet de loi remplaçant la Loi électorale ne relève pas ce défi. Conséquemment, lAssemblée nationale ne refléterait pas vraiment plus quaujourdhui la réalité plurielle de la société québécoise.
Pour le MDN il est manifeste que cette institution accuse un retard considérable face à lévolution de la société québécoise et que le mode de scrutin peut contribuer de façon importante à sa mise à jour. « Il est normal et urgent dagir pour véritablement faire de lAssemblée nationale lieu rassembleur du pluralisme social, politique et démographique du Québec » a souligné Mme Roberge lors de laudience.
Le Mouvement pour une démocratie nouvelle propose plusieurs modifications importantes qui doivent être apportées à la proposition gouvernementale afin de rendre cette réforme significative et mener à un changement véritable.
Pour véritablement respecter la volonté populaire et traduire le pluralisme politique, la compensation devrait se faire selon une liste nationale structurée selon plusieurs critères. La répartition proportionnelle des sièges doit être le résultat de lexpression de lensemble de lélectorat, non pas celui de son fractionnement par districts. Structurer les listes des partis signifiera garantir leur équilibre en matière de répartition sur le territoire, dégalité et de diversité. Ainsi elles devraient compter des candidatures de toutes les régions, une alternance femme-homme et des candidatures issues de la diversité ethnoculturelle. Lélectorat pourrait alors juger des efforts des partis en ces matières. De plus, les partis politiques et la population porteraient collectivement la responsabilité de la diversification de la composition de lAssemblée nationale en fonction de valeurs partagées.
Un mode de scrutin mixte nécessite deux votes distincts car lélectorat doit avoir la possibilité dexprimer ses choix distinctement et le plus précisément possible : le choix dune personne qui représentera sa circonscription et le choix dun parti pour former le gouvernement.
La combinaison du vote unique et de la division du Québec en 27 districts ne permet pas la représentation équitable des partis politiques, petits et grands, en sur-représentant laspect territorial au détriment de la proportionnalité des résultats. Ces modalités, et leurs effets combinés, engendrent la perte de trop nombreux votes, contrairement aux objectifs de lavant-projet de loi.
Dautre part, la proportionnalité serait grandement affectée si le nombre de sièges proportionnels (50) diminuait au profit de sièges de circonscription (77 sous le mode de scrutin majoritaire), ce ratio de 40/60 limitant déjà leffet proportionnel.
Quant aux mesures proposées en vue daugmenter la présence des femmes et de personnes issues de la diversité ethnoculturelle, elles ne sont pas suffisantes. Les bonifications financières sadressant aux partis politiques devraient être attribuées en fonction des personnes élues plutôt quen fonction des candidatures. Ces mesures concrétisent une décision de société laquelle est appuyée par un financement public. Il serait ainsi plus efficace de récompenser les résultats plutôt que les efforts. Les mesures visant la représentation des femmes devraient sappliquer à compter de 35 % (plutôt que 30 %) pour récompenser leurs résultats additionnels. Ces bonifications demandent un suivi, des plans daction spécifiques et des rapports sur lutilisation de ces argents. Il faudrait également les appliquer jusquà ce que les résultats se maintiennent. Autrement, lavant-projet de loi pourrait bien enrichir les partis politiques sans que légalité de représentation des femmes et des hommes à lAssemblée nationale ne soit atteinte ni que le nombre de personnes issues de diverses origines ethnoculturelles ne soit augmenté. La vraie question à poser étant bien « quelles seraient les meilleures mesures » et non pas « OUI ou NON à des mesures »
La réforme du mode de scrutin est une démarche structurante et un geste important de citoyenneté qui ne doit pas être subordonné à dautres considérations que des objectifs démocratiques. Ce processus étant un rendez-vous avec lhistoire et avec lélectorat québécois, la présente consultation doit mener à des résultats signifiants.
Selon les informations fournies par la Commission, celle-ci aurait reçu environ 240 mémoires et près de 500 demandes daudiences publiques. La question intéresse de plus en plus de personnes et rejoint maintenant un large éventail dorganismes, des groupes locaux jusquaux regroupements provinciaux, qui y voient un geste de citoyenneté important. Cette impressionnante énergie de changement signifie que le statu quo serait inadmissible et que lavant-projet de loi est encore loin de représenter la réponse adéquate aux problèmes du mode de scrutin actuel.
Le MDN invite la population et les organismes à faire de même lors des audiences publiques qui se dérouleront dans 16 villes dici au 9 mars. Leur contribution est essentielle pour quune réforme majeure du mode de scrutin se réalise et quelle propulse le Québec sur des voies davenir. Pour le MDN, à lheure du « Vivre ensemble », il est temps de se donner les moyens pour véritablement « Gouverner ensemble ».
Le mémoire du MDN
est accessible sur son site web www.democratie-nouvelle.qc.ca. Il a été
présenté à la Commission spéciale sur la loi électorale
à Québec le 24 janvier 2006 à 16h00. Le MDN surveillera
de près les travaux de la Commission afin que ses conclusions soient
connues dici à la fin juin 2006.
- 30 -
Pour informations : Mercédez
Roberge
Mouvement pour une démocratie nouvelle MDN
514-721-7826 ;
mroberge@democratie-nouvelle.qc.ca
www.democratie-nouvelle.qc.ca