|
Description
des systèmes électoraux
1.
Introduction
2.
Tour d'horizon des principaux
systèmes électoraux
2.1)
Systèmes majoritaires
2.1.1) Scrutin
majoritaire uninominal à un tour
2.1.2) Scrutin
majoritaire plurinonimal à un tour
2.1.3) Scrutin
majoritaire uninominal à majorité absolue
2.1.3.1) Scrutin majoritaire
à deux tours
2.1.3.2) Mode de scrutin préférentiel
2.2)
Systèmes
de représentation proportionnelle
2.2.1) Scrutin de listes
2.2.2) Représentation
proportionnelle personnalisée
2.2.3) Vote
unique transférable
2.3)
Systèmes hybrides
2.3.1) Systèmes électoraux
mixtes
2.3.2) Vote
unique non-transférable
3.
Répartition
des différents systèmes électoraux sur la planète
4.
Sources bibliographiques
1.
Introduction
Brièvement,
un système électoral peut être défini comme
étant l’ensemble des mécanismes dont s’est doté
un pays, une nation ou un territoire lesquels lui permettent de traduire
le vote de son électorat en sièges attribués à
des partis politiques ou représentants au sein de son parlement.
Chacun
des systèmes électoraux des quelques 200 pays et territoires
de la planète possède ses particularités propres.
Toutefois, pour nous en faciliter la compréhension, on peut les
regrouper sous 3 grandes familles : les systèmes majoritaires,
les systèmes de représentation proportionnelle et les
systèmes qui se situent à mi-chemin entre les deux premiers
et que nous qualifierons de systèmes hybrides.
Ces
familles se distinguent les unes des autres selon la correspondance
qui existe entre le pourcentage des sièges parlementaires attribués
aux partis politiques et le pourcentage des votes qu’ils ont obtenu
lors de l’élection. C’est ainsi qu’un système électoral
est purement proportionnel si la correspondance entre ces deux pourcentages
est parfaite. Tout en gardant à l'esprit qu'un mode de
scrutin n'est qu'un des facteurs (très important certes mais
toutefois pas le seul) à influencer la représentation
nationale au parlement, on note que les systèmes majoritaires
sont moins proportionnels que les systèmes hybrides qui, eux,
le sont moins que les systèmes de représentation proportionnelle.
Dans un système électoral purement proportionnel, un parti
politique ayant obtenu 15% des votes de l’électorat se verra
alors attribuer 15% des sièges au parlement.
Chaque
système électoral utilise des bulletins de vote particuliers.
Ils peuvent être qualifiés de catégoriques ou d’ordinaux.
Le bulletin de vote catégorique nous demande de choisir l’un
des candidats ou l’un des partis politiques inscrits sur le bulletin.
C’est celui que les Québécois utilisent. Le bulletin
de vote ordinal nous demande de mettre en ordre, selon notre préférence,
les candidats ou les partis politiques inscrits sur le bulletin.
Ils sont parfois utilisés pour les systèmes davantage
proportionnels que le nôtre.
Au
Québec, nous sommes habitués d’élire un seul représentant
pour chacune de nos circonscriptions électorales. Ce n’est
cependant pas le cas pour de nombreux autres pays de tradition démocratique.
Dans ces pays, les électeurs doivent alors choisir plusieurs
candidats pour les représenter dans les limites de leur circonscription
électorale. Évidemment, dans ces cas, les circonscriptions
électorales sont beaucoup plus grandes que celles que nous connaissons
ici.
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2.
Tour d'horizon des principaux systèmes électoraux
2.1)
Systèmes majoritaires
2.1.1)
Scrutin majoritaire uninominal à un tour
a)
aperçu
b) exemple de bulletin
de vote
c) exemple d'une journée
électorale
d) les avantages
e) les désavantages
f) exemples de pays
a)
aperçu du scrutin majoritaire uninominal à un tour
Très
souvent, ces systèmes exigent que l’on vote pour un seul représentant
ou un seul parti politique et ce pour chacune des circonscriptions électorales
du territoire (comme nous le faisons au Québec et au Canada).
L’objectif premier de ces systèmes n’est pas de s’assurer qu’il
y ait une juste adéquation entre le pourcentage des voix exprimées
et le pourcentage des sièges parlementaires attribués
aux partis politiques. Les candidats sont élus s’ils obtiennent
une majorité simple des votes. En d’autres mots, un candidat
est élu s’il est celui qui a obtenu le plus de votes dans une
circonscription électorale.
b)
exemple de bulletin de vote utilisé lors d'un scrutin majoritaire
uninominal à un tour
c)
exemple d'une journée électorale lors d'un scrutin majoritaire
uninominal à un tour
| Les systèmes
électoraux canadien et québécois sont de
cette nature. Au Québec, il y a 125 circonscriptions
électorales. L’électorat est fragmenté
en autant d’îlots. Les députés élus
sont ceux qui ont obtenu le plus de voix dans leur circonscription
électorale respective. Alors, même un parti
politique qui réussit à obtenir 20% des votes dans
chacune des circonscriptions électorales pourrait obtenir
aucun représentant à l’Assemblée nationale
puisque un score de 20% ne serait peut-être pas suffisant
pour s’assurer d’une victoire dans une circonscription électorale. |
d)
les avantages d'un scrutin majoritaire uninominal à un tour
- Souvent
il s’agit de faire un choix clair et simple entre 2 principaux partis
qui alternent au pouvoir;
- Les gouvernements sont très souvent composés
d’un seul parti. Les coalitions gouvernementales se font rares.
Les cabinets ministériels ne sont alors pas sous la menace de
partis minoritaires ou extrémistes. Même si le parti
au pouvoir n’obtient pas la majorité absolue des voix, il peut
obtenir la majorité absolue des sièges au parlement à
cause de la nature du système qui donne des sièges en
bonus au parti le plus populaire (lors des élections fédérales
de 1997, le gouvernement fédéral libéral avait
la majorité absolue des sièges à la Chambre des
Communes, il gouvernait seul de façon majoritaire alors qu’il
n’avait obtenu que 38% des voix et, au Québec, le Parti québécois
gouverne seul alors qu’il n’a obtenu que 42% des voix, soit un pourcentage
inférieur à celui du Parti libéral);
- L’opposition parlementaire est souvent cohérente,
ce qui fait qu’elle constitue une réelle alternative au gouvernement
en place;
- Le système peut encourager les partis
politiques à avoir une base militante diversifiée ou arc-en-ciel
pour être en mesure de bien représenter l’ensemble des
communautés culturelles et l’ensemble des régions du territoire
(pour attirer la sympathie de l’électorat);
- La nature du système exclue les partis
extrémistes d’une représentation parlementaire puisqu’ils
sont rarement assez populaires pour remporter la victoire dans une circonscription
électorale;
- Un lien existe entre les électeurs et
leurs représentants au parlement. Un représentant
bien identifié est responsable devant son électorat d’un
territoire précis et les électeurs peuvent l’évaluer
lors des élections;
- L’électorat choisit une personne avant
tout et non pas uniquement un parti politique;
- Des candidats indépendants peuvent se
faire élire;
- Le système est simple à utiliser
et facile à comprendre.
e)
les désavantages d'un scrutin majoritaire uninominal à
un tour
- Les
partis minoritaires sont exclus d’une représentation juste et
honnête. Par exemple, l’ADQ lors des dernières élections
québécoises de 1998 a obtenu près de 12% du suffrage
populaire mais a obtenu moins de 1% des sièges à l’Assemblée
nationale. Lors des élections fédérales de
1997, le Parti conservateur a obtenu près de 19% du suffrage
populaire mais a obtenu moins de 1% des sièges à la Chambre
des Communes;
- Les minorités sont souvent exclues d’une
représentation juste au parlement. Les partis politiques
tentent de présenter dans les circonscriptions électorales
des candidats au profil pouvant rallier et plaire à l’ensemble
de l’électorat de la circonscription, ce qui peut ne pas correspondre
au profil des minorités;
- L’expérience avec ce système montre
que les femmes sont moins bien représentées que sous un
système proportionnel. Sous des scrutins majoritaires uninominaux
à un tour, 11% des parlementaires de la planète sont des
femmes et sous des systèmes de représentation proportionnelle,
20% des parlementaires de la planète sont des femmes (source
: Institute for democracy and electoral assistance);
- Si certaines cultures sont concentrées
dans des régions bien précises alors certains partis politiques
peuvent être encouragés à se développer dans
ces régions, n’ayant alors aucun incitatif à aller au-delà
de leur base naturelle (prenons l’exemple du Bloc québécois
au Québec et de l'Alliance canadienne dans l’ouest canadien);
- Certains partis politiques peuvent avoir la
mainmise sur certaines régions et ce aux dépens
des minorités politiques de ces régions qui sont alors
exclues d’une représentation juste au parlement;
- Ce système entraîne de très
nombreux votes n’ayant aucune utilité ou aucune signification.
Un vote rouge dans un comté bleu foncé ne vaut rien de
même qu’un vote bleu dans un comté rouge foncé ne
vaut rien. Les supporters de partis minoritaires dans les comtés
n’ont pas espoir de se faire entendre;
- Le parti qui forme le gouvernement peut être
insensible aux changements d’humeur de l’opinion publique. Pouvant
avoir une position dominante au niveau des sièges détenus
malgré une minorité de votes obtenue lors de l’élection,
une modification de l’opinion publique peut avoir peu d’effet.
f)
exemples de pays utilisant le scrutin majoritaire uninominal à
un tour
Les
pays qui ont subi l’influence britannique ont de bonnes chances de vivre
sous un scrutin majoritaire uninominal à un tour. Parmi
les plus importants, notons le Canada (évidemment le système
québécois), les États-Unis et l’Inde. La
Grande-Bretagne qui possède toujours ce mode de scrutin le remet
cependant en question. Des discussions ont présentement
lieu à Londres et il se pourrait qu’il y ait un référendum
sur le sujet (voir le rapport
Jenkins). Alors même la maison mère remet en
question le système qu’elle a originellement établi...
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2.1.2)
Scrutin majoritaire plurinominal à un tour
a)
aperçu
b) exemple de bulletin
de vote
c) exemple d'une journée
électorale
d) les avantages
e) les désavantages
f) exemples de pays
a)
aperçu du scrutin majoritaire plurinominal à un tour
Ce
système est similaire au scrutin majoritaire uninominal à
un tour à l’exception que l’exercice se fait dans une circonscription
électorale représentée par plusieurs députés.
Chaque électeur a autant de bulletins de vote que de représentants
qu’il faut élire dans sa circonscription. Il peut alors
voter pour plusieurs candidats de différents partis ou même
voter plusieurs fois pour le même candidat. Les candidats
qui ont le plus de votes sont élus (il s’agit en conséquence
d’une majorité simple).
b)
exemple de bulletin de vote utilisé lors d'un scrutin majoritaire
plurinominal à un tour
Inscrivez
d'un X le candidat de votre choix
Parti
1
Candidat
A
Candidat
B
Candidat
C |
Parti
2
Candidat
D
Candidat
E
Candidat
F |
Parti
3
Candidat
G
Candidat
H
Candidat
I |
Parti
4
Candidat
J
Candidat
K
Candidat
L |
Indépendants
Candidat
M
Candidat
N
Candidat
O
Candidat
P |
|
c)
exemple d'une journée électorale lors d'un scrutin majoritaire
plurinominal à un tour
| Supposons que le
territoire québécois soit divisé en 40 circonscriptions
électorales, chacune devant élire 3 députés.
Supposons que Marc soit électeur de l’une de ces circonscriptions.
Il aurait alors 3 bulletins de vote comme celui de plus haut.
Il pourrait inscrire sur son premier bulletin de vote le choix
du candidat B, sur son deuxième bulletin de vote le choix
du candidat H et sur son troisième bulletin de vote le
choix du candidat P. Il pourrait choisir aussi les candidats
A, B et C du parti 1 ou bien il pourrait voter trois fois pour
le candidat J. Ses choix sont à sa guise mais il
ne doit faire qu’un seul choix par bulletin de vote. Les
3 candidats élus seront ceux qui auront obtenus le plus
de voix. |
d)
les avantages du scrutin majoritaire plurinominal à un tour
- L’électeur
choisit avant tout des personnes et non pas des partis politiques;
- Ce système favorise les partis politiques
les mieux organisés et les plus cohérents.
e)
les désavantages du scrutin majoritaire plurinominal à
un tour
- Si
les électeurs utilisent leurs votes pour voter pour le même
candidat, la disproportion entre le pourcentage des voix exprimées
et le pourcentage des sièges parlementaires obtenus par les partis
politiques peut être énorme;
- En général, on y retrouve les
mêmes désavantages que le scrutin majoritaire uninominal
à un tour.
f)
exemples de pays utilisant le scrutin majoritaire plurinominal à
un tour
La
Thaïlande, l’Autorité palestinienne, les Bermudes, Fidji,
le Koweït et les Philippines utilisent un tel système.
Il
existe une variante du scrutin majoritaire plurinominal à un
tour dans laquelle l'électeur doit voter en bloc pour un parti
politique. Ce système se situe entre le scrutin majoritaire
uninominal à un tour et le scrutin majoritaire plurinominal à
un tour. Les circonscriptions électorales comptent
plusieurs représentants et les électeurs ne possèdent
qu’un seul bulletin de vote. Il s’agit alors d’élire une
liste entière de représentants présentée
par les partis politiques pour chacune des circonscriptions électorales.
C’est une élection à majorité simple. Des
avantages qu’on peut souligner d’un tel système, mentionnons
le fait qu’il est simple à utiliser ; qu’il permet la représentation
des minorités si ces dernières sont incluses dans les
listes présentées par les partis politiques ; qu’il favorise
les partis politiques cohérents et bien organisés.
Le principal désavantage est qu’il produit des résultats
très en faveur du parti le plus populaire (encore plus que sous
le scrutin majoritaire uninominal à un tour) et est donc très
peu proportionnel, le pourcentage des sièges obtenus par les
partis politiques au parlement ne correspondant pas au pourcentage des
voix exprimées à l’endroit de ces partis politiques lors
de l’élection. Le Djibouti, le Liban, la Tunisie, l’Équateur
et le Sénégal sont des pays qui utilisent un tel système.
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2.1.3)
Scrutin majoritaire uninominal à majorité absolue
2.1.3.1)
Scrutin majoritaire à deux tours
a)
aperçu
b) exemple de bulletin
de vote
c) exemple d'une journée
électorale
d) les avantages
e) les désavantages
f) exemples de pays
a)
aperçu du scrutin majoritaire à deux tours
Ce
système électoral fonctionne en deux temps, c’est-à-dire
qu’il est possible que deux tours d’élection soient nécessaires.
Dans un premier temps, le système fonctionne exactement de la
même façon que le scrutin majoritaire uninominal à
un tour à l’exception qu’il faut que le candidat obtienne la
majorité absolue des voix pour obtenir le siège.
Si c’est le cas, il n’y a alors pas de deuxième tour ou de deuxième
élection. Si la majorité absolue n’est pas atteinte,
il y a alors une bataille à finir lors d’une deuxième
élection au cours de laquelle les deux premiers candidats se
font la lutte (c’est le cas en Ukraine) ou au cours de laquelle plusieurs
candidats ayant obtenu un minimum de voix lors du premier tour se font
la lutte (comme c’est le cas pour les législatives françaises
où ceux qui ont obtenu 12,5% des voix lors du premier tour peuvent
se présenter au deuxième tour). Dans ce deuxième
cas évidemment, la majorité absolue n’est pas certaine
d’être atteinte lors du deuxième tour et le candidat qui
a obtenu le plus de voix l’emporte sans l’obligation d’obtenir la majorité
absolue.
b)
exemple de bulletin de vote utilisé lors d'un scrutin majoritaire
à deux tours
- Premier tour de scrutin
- Deuxième
tour de scrutin
Bulletin de vote
Circonscription
XYZ
Cochez le candidat
de votre choix pour vous représenter au parlement.
Candidat
B / Parti 2
Candidat
F / Parti 5
|
c)
exemple d'une journée électorale lors d'un scrutin majoritaire
à deux tours
| Supposons que le
Québec soit toujours divisé en 125 circonscriptions
électorales comme c’est le cas présentement.
Le système électoral fonctionne de telle sorte que
seuls les 2 meilleurs candidats de chacune des circonscriptions
électorales se font face lors d’un deuxième tour
si aucun candidat n’a obtenu de majorité absolue lors de
la première élection (voir le premier cas expliqué,
celui d’Ukraine).
Marc est électeur
dans l’une de ces circonscriptions et il doit voter lors du
premier tour de scrutin avec le premier bulletin de vote présenté
plus haut. Son choix se porte sur le candidat A du Parti
1.
À la fin
de la journée de votation, on compte les votes.
Il y a 32 000 électeurs qui ont exercé leur droit
de vote dans cette circonscription et les résultats compilés
sont les suivants:
Le candidat A a
reçu 4 000 voix;
Le candidat B a reçu
10 000 voix;
Le candidat C a reçu
5 000 voix;
Le candidat D a reçu
3 000 voix;
Le candidat E a reçu
2 000 voix;
Le candidat F a reçu
8 000 voix.
Aucun candidat n’a
obtenu la majorité absolue de 16 001 voix lors du premier
tour de scrutin. Il y aura donc un deuxième tour
de scrutin dans une ou deux semaines, scrutin au cours duquel
les candidats B et F se feront face. Celui qui obtiendra
le plus de votes (et ainsi la majorité absolue puisqu’ils
ne sont que deux) deviendra le représentant au parlement
de la circonscription électorale dans laquelle habite
Marc.
|
d)
les avantages du scrutin majoritaire à deux tours
- Ce
système offre un deuxième choix aux électeurs (lors
du deuxième tour de scrutin);
- Il encourage les mains tendues entre les divers
candidats et les différents partis politiques. Les candidats
savent qu’ils auront peut-être besoin des votes de ceux qui auront
été éliminés;
- Ce système qui offre deux choix aux électeurs
est moins difficile à comprendre que le mode de scrutin préférentiel
ou le votre unique transférable (que nous expliquons plus loin).
e)
les désavantages du scrutin majoritaire à deux tours
- Parce
qu’il nécessite la tenue de deux élections, il est plus
coûteux que les autres systèmes électoraux;
- L’expérience indique que le taux de participation
des électeurs lors des deuxièmes tours est moins élevé
que lors des premiers tours;
- Il ne règle pas le problème de
la disproportion entre le pourcentage des voix exprimées et le
pourcentage des sièges parlementaires obtenus par les partis
politiques;
- Il possède plusieurs des désavantages
du scrutin majoritaire uninominal à un tour sans en avoir sa
simplicité.
f)
exemples de pays utilisant le scrutin majoritaire à deux tours
L’Ukraine,
la France lors de ses législatives, l’Égypte et Haïti
utilisent un tel système.
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2.1.3.2)
Mode de scrutin préférentiel
a)
aperçu
b) exemple de bulletin
de vote
c) exemple d'une journée
électorale
d) les avantages
e) les désavantages
f) exemples de pays
a)
aperçu du mode de scrutin préférentiel
Les
électeurs se doivent d’élire un seul député
par circonscription électorale. Mais dans ce cas, le système
fonctionne de telle sorte que le candidat doit obtenir une majorité
absolue de voix pour obtenir le siège. L’électeur
utilise un bulletin de vote ordinal sur lequel il indique en ordre ses
préférences (1er choix, 2e choix, 3e choix, etc.).
Lors du décompte, le candidat ayant obtenu 50% + 1 des voix obtient
le siège. Si aucun des candidats n’obtient cette majorité
absolue, alors le candidat qui a reçu le moins de premiers choix
est éliminé et les deuxièmes choix inscrits sur
ses bulletins de vote sont attribués aux candidats restants.
On suit cette façon de faire aussi longtemps qu’il le faut pour
qu’un des candidats obtienne la majorité absolue.
b)
exemple de bulletin de vote utilisé avec un mode de scrutin préférentiel
c)
exemple d'une journée électorale avec un mode de scrutin
préférentiel
| Supposons que le
Québec soit toujours divisé en 125 circonscriptions
électorales comme c’est le cas présentement.
Marc est électeur dans l’une de ces circonscriptions et
il doit voter avec le bulletin de vote de plus haut. Son
ordre de préférences est le suivant : il inscrit
1 au candidat F, 2 au candidat B, 3 au candidat C, 4 au candidat
G, 5 au candidat J, 6 au candidat I, 7 au candidat A, 8 au candidat
D, 9 au candidat E et 10 au candidat H. Son devoir de citoyen
est fait.
À la fin
de la journée de votation, on compte les votes.
Il y a 32 000 électeurs qui ont exercé leur droit
de vote dans cette circonscription et les résultats compilés
sont les suivants:
Le candidat A a
obtenu 3 000 premiers choix ou 9,375% des voix;
Le candidat B a obtenu
500 premiers choix ou 1,5625% des voix;
Le candidat C a obtenu
10 000 premiers choix ou 31,25% des voix;
Le candidat D a obtenu
1 000 premiers choix ou 3,125% des voix;
Le candidat E a obtenu
3 500 premiers choix ou 10,9375% des voix;
Le candidat F a obtenu
10 000 premiers choix ou 31,25% des voix;
Le candidat G a obtenu
1 000 premiers choix ou 3,125% des voix;
Le candidat H a obtenu
2 000 premiers choix ou 6,25% des voix;
Le candidat I a obtenu
500 premiers choix ou 1,5625% des voix;
Le candidat J a obtenu
500 premiers choix ou 1,5625% des voix.
Aucun candidat n’a
obtenu la majorité absolue des voix, c’est-à-dire
que personne n’a obtenu plus de 50% des votes exprimés.
Pour être élu, on se doit d’obtenir 16 001 votes.
Les 2 meilleurs ont chacun 10 000 voix. C’est alors que
les candidats J, I, B (500 votes chacun), G, D (1000 votes chacun),
H (2000 votes) et A (3000 votes) sont éliminés
car il faut le transfert d’au moins 6 000 votes pour que l’un
des candidats obtienne la majorité absolue. Ces
8 500 bulletins de vote sont vérifiés en fonction
des 2e choix qui y sont exprimés. Aux 3 candidats
restants, les 2e choix de ces votes sont distribués comme
suit : 6 100 au candidat F, 1800 au candidat C, 100 au candidat
E et les 500 autres votes attribués à des candidats
déjà éliminés. Sur ces 500
votes, il faut alors vérifier les 3e choix, 4e choix,
5e choix ou plus jusqu'à ce que l'un des candidats restants
(candidats F, C ou E) obtienne un vote. Selon ce processus,
le candidat F obtient 100 votes, le candidat C 300 votes et
le candidat E récupère 100 votes. Avec un
total de 16 200 votes, le candidat F remporte donc la victoire,
obtenant la majorité absolue des suffrages.
|
d)
les avantages du mode de scrutin préférentiel
- Parce
que les électeurs ont plusieurs choix à exprimer, les
candidats et les partis politiques ont tout avantage à tendre
des mains, à coopérer dans le but d’obtenir les 2e, 3e,
4e choix des électeurs;
- Les supporters de candidats peu populaires peuvent
quand même avoir l’impression que leur vote peut faire la différence
(grâce à leurs choix subséquents au premier);
- Parce que les élus doivent obtenir la
majorité absolue des votes exprimés, ils possèdent
une plus grande légitimité que s’ils devaient n’obtenir
que la majorité simple.
e)
les désavantages du mode de scrutin préférentiel
- Il
ne s’agit pas d’un système des plus simples. L’inscription
du bulletin de vote est plus complexe pour l’électeur ainsi que
le décompte des voix par les officiers;
- Ce système ne règle pas le problème
de la disproportion entre le pourcentage des voix exprimées par
les électeurs et le pourcentage des sièges parlementaires
obtenus par les partis politiques.
f)
exemples de pays utilisant le mode de scrutin préférentiel
Ce
système est principalement utilisé en Océanie :
l’Australie et Nauru. Il faut toutefois signaler que le rapport
Jenkins suggère aussi l’utilisation, en partie, d’un tel
système pour remplacer l’actuel scrutin majoritaire uninominal
à un tour de la Grande-Bretagne.
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2.2)
Systèmes de représentation proportionnelle
2.2.1)
Scrutin de listes
a)
aperçu
b) exemple
de bulletin de vote
c) exemple
d'une journée électorale
d) les
avantages
e) les
désavantages
f) exemples
de pays
a)
aperçu du scrutin de listes
Les
systèmes de représentation proportionnelle ont pour objectif
de s’assurer qu’il existe une très bonne adéquation entre
le pourcentage de voix obtenu par un parti politique et le pourcentage
des sièges parlementaires qui lui sont attribués.
À cet effet, il faut souligner les notions de seuil de représentation,
celles de listes fermées, ouvertes et panachées ainsi
que les méthodes pour la répartition des sièges.
Le
seuil est le pourcentage à partir duquel un parti a le droit
d’être représenté dans un parlement. En guise
d’exemples, la Russie fixe un seuil de 5% alors que l’Afrique du Sud
n’en fixe aucun. C’est donc dire que les partis politiques russes
qui n’obtiennent pas un minimum de 5% des voix ne peuvent pas être
représentés à la Douma (parlement russe).
En Afrique du Sud, un parti qui obtient 0,5% des voix se voit assuré
d’obtenir 0,5% des sièges au parlement sud-africain.
Les
listes sont importantes car ce sont elles qui déterminent les
candidats qui représenteront les différents partis politiques
au parlement. Nous en rencontrons essentiellement de deux types
: les listes fermées et les listes ouvertes. Les listes
fermées sont celles dont l’ordre des candidats est exclusivement
décidé par les autorités du parti politique.
Les listes ouvertes sont celles dont l’ordre des candidats est décidé
par l’électorat. Soulignons aussi les listes panachées
qui sont celles dont l'ordre des candidats est décidé
par l'électorat, mais dans ce cas, le choix de l'électeur
est élargi à l'ensemble des candidats de toutes les listes.
Pour
ce qui est des méthodes pour la répartition des sièges,
nous n'entrerons pas inutilement dans les détails, juste mentionner
qu'il existent les procédés des plus forts restes (quotient
de Hare, quotient de Hagenbach-Bischoff, quotient de Imperiali et quotient
de Droop) et les procédés de la plus forte moyenne (diviseurs
de d'Hondt, diviseurs de Sainte-Laguë, diviseurs de Sainte-Laguë
modifiés).
b)
exemple de bulletin de vote utilisé lors d'un scrutin avec listes
fermées et ouvertes
- Listes fermées
-
Listes ouvertes
Cochez le parti
politique de votre choix (un seul choix)
et cochez le candidat
du parti de votre choix (un seul choix)
|
Parti
1 |
Parti
2 |
Parti
3 |
Parti
4 |
Parti
5 |
Candidat
A
Candidat
B
Candidat
C
Candidat
D
Candidat
E |
Candidat
F
Candidat
G
Candidat
H
Candidat
I
Candidat
J |
Candidat
K
Candidat
L
Candidat
M
Candidat
N
Candidat
O |
Candidat
P
Candidat
Q
Candidat
R
Candidat
S
Candidat
T |
Candidat
U
Candidat
V
Candidat
W
Candidat
X
Candidat
Y |
|
c)
exemple d'une journée électorale lors d'un scrutin de
listes
| - Listes fermées
En guise d’exemples
nous pouvons supposer que le Québec entier constitue
une seule circonscription électorale à l’intérieur
de laquelle 125 députés se doivent d’être
choisis. Les
5 000 000 d’électeurs
québécois sont alors invités à faire
leurs choix et les sièges seront répartis proportionnellement
en fonction des suffrages obtenus par chacun des partis.
Le Parti 7 qui obtient 2 000 000 de voix ou 40% du vote se verra
offrir 40% des sièges au parlement. Ainsi les 50
premiers candidats de la liste du Parti 7 (125 X 40%=50) qui
aura été déterminée par le parti
(c’est une liste fermée décidée par les
autorités du parti) siégeront au parlement.
On procéderait de la même façon pour les
autres partis politiques.
Nous pouvons aussi
supposer que le territoire du Québec soit divisé
en 30 circonscriptions électorales, chacune devant être
représentée par 5 députés.
Alors les sièges de ces circonscriptions sont répartis
en fonction des votes obtenus par chacun des partis dans ces
circonscriptions électorales (supposons que la méthode
utilisée pour la répartition des sièges
est celle des plus forts restes). Marc, faisant son devoir
de citoyen, choisit le Parti 3 (voir le bulletin de vote de
plus haut pour les listes fermées). À la
fin de la journée électorale, il y a 150 000 électeurs
qui ont exercé leur droit de vote dans la circonscription
électorale où habite Marc. Les résultats
sont les suivants:
Le Parti 1 a obtenu
20 000 voix ou 13,33% des suffrages;
Le Parti 2 a obtenu
10 000 voix ou 6,67% des suffrages;
Le Parti 3 a obtenu
5 000 voix ou 3,33% des suffrages;
Le Parti 4 a obtenu
15 000 voix ou 10% des suffrages;
Le Parti 5 a obtenu
2 000 voix ou 1,33% des suffrages;
Le Parti 6 a obtenu
3 000 voix ou 2% des suffrages;
Le Parti 7 a obtenu
50 000 voix ou 33,33% des suffrages;
Le Parti 8 a obtenu
10 000 voix ou 6,67% des suffrages;
Le Parti 9 a obtenu
25 000 voix ou 16,67% des suffrages;
Le Parti 10 a obtenu
10 000 voix ou 6,67% des suffrages.
Comment les sièges
seront-ils répartis en fonction du procédé
des plus forts restes ? Sans rentrer dans
les détails, contentons-nous de saisir le principe de
la répartition des sièges parlementaires.
Chacun des partis aurait le droit de détenir ce nombre
de sièges:
Le Parti 1 obtiendrait
0,67 siège (13,33% X 5 sièges à distribuer);
Le Parti 2 obtiendrait
0,33 siège (6,67% X 5 sièges à distribuer);
Le Parti 3 obtiendrait
0,17 siège (3,33% X 5 sièges à distribuer);
Le Parti 4 a obtenu
0,5 siège (10% X 5 sièges à distribuer);
Le Parti 5 a obtenu
0,067 siège (1,33% X 5 sièges à distribuer);
Le Parti 6 a obtenu
0,10 siège (2% X 5 sièges à distribuer);
Le Parti 7 a obtenu
1,67 siège (33,33% X 5 sièges à distribuer);
Le Parti 8 a obtenu
0,33 siège (6,67% X 5 sièges à distribuer);
Le Parti 9 a obtenu
0,83 siège (16,67% X 5 sièges à distribuer);
Le Parti 10 a obtenu
0,33 siège (6,67% X 5 sièges à distribuer).
Donnons un siège
assurément au Parti 7 puisqu’il aurait le droit d’en
détenir 1,67. De 1,67 il passe alors à un
reste de 0,67 (on soustrait le siège qu’on lui a décerné).
En ordre décroissant, voici les partis qui devraient
obtenir les 4 autres sièges:
Le Parti 9 avec
un reste de 0,83;
Le Parti 1 avec un
reste de 0,67;
Le Parti 7 avec un
reste de 0,67 (le Parti 7 a donc le droit de détenir
2 sièges en tout);
Le Parti 4 avec un
reste de 0,5.
- Listes ouvertes
Supposons que le
territoire du Québec soit divisé en 30 circonscriptions
électorales, chacune devant être représentée
par 5 députés. Les sièges de ces
circonscriptions sont répartis en fonction des votes
obtenus par chacun des partis politiques dans ces circonscriptions
électorales. Toutefois, contrairement aux listes
fermées, l’électeur choisit aussi son candidat
préféré de tous ceux que le parti politique
qu’il a choisi présente. Ainsi Marc, faisant son
devoir de citoyen, choisit le Parti 3 (voir le bulletin de vote
de plus haut pour les listes ouvertes) et choisit le candidat
M de ce parti. En faisant de la sorte, il indique que
s’il y a des candidats du Parti 3 d’élus, Marc voudrait
alors que le candidat M passe avant les quatre autres de ce
parti.
À la fin
de la journée électorale, il y a 150 000 électeurs
qui ont exercé leur droit de vote dans la circonscription
électorale où habite Marc. Les résultats
sont les suivants:
Le Parti 1 a obtenu
105 000 voix ou 70% des suffrages;
Le Parti 2 a obtenu
30 000 voix ou 20% des suffrages;
Le Parti 3 a obtenu
7 000 voix ou 4,67% des suffrages;
Le Parti 4 a obtenu
5 000 voix ou 3,33% des suffrages;
Le Parti 5 a obtenu
3 000 voix ou 2% des suffrages.
Comment les sièges
seront-ils répartis en fonction du procédé
des plus forts restes ? Chacun des partis
aurait le droit de détenir ce nombre de sièges:
Le Parti 1 obtiendrait
3,5 sièges (70% X 5 sièges à distribuer);
Le Parti 2 obtiendrait
1 siège (20% X 5 sièges à distribuer);
Le Parti 3 obtiendrait
0,23 siège (4,67% X 5 sièges à distribuer);
Le Parti 4 obtiendrait
0,17 siège (3,33% X 5 sièges à distribuer);
Le Parti 5 obtiendrait
0,10 siège (2% X 5 sièges à distribuer).
Donnons 3 sièges
assurément au Parti 1 puisqu’il aurait le droit d’en
détenir 3,5. De 3,5 il passe alors à un
reste de 0,5 (on soustrait les 3 sièges qu’on lui a décernés).
Donnons un siège au Parti 2 puisqu’il a le droit d’en
détenir 1. De 1 il passe alors à un reste
de 0 (on soustrait le siège qu’on lui a décerné).
En ordre décroissant, voici les fractions de siège
restant des partis politiques:
Le Parti 1 avec
0,5;
Le Parti 3 avec 0,23;
Le Parti 4 avec 0,17;
Le Parti 5 avec 0,10;
Le Parti 2 avec 0.
Le Parti 1 aurait
donc droit à un quatrième siège.
Maintenant quels
seraient les candidats qui représenteraient les Parti
1 et 2 ? Des 105 000 électeurs qui ont choisi le
Parti 1, 35 000 ont choisi le Candidat D, 30 000 le Candidat
E, 25 000 le Candidat A, 10 000 le Candidat C et 5 000 le Candidat
B. Les candidats D, E, A et C seraient alors élus
députés. Des 30 000 électeurs qui
ont choisi le Parti 2, 10 000 ont choisi le Candidat H, 7 500
le Candidat I, 6 000 le Candidat J, 4 000 le Candidat G et 2
500 le Candidat F. Le Candidat H aurait le siège
parlementaire pour représenter le Parti 2 au parlement.
|
d)
les avantages du scrutin de listes
- Il
existe une équité entre le pourcentage de votes exprimés
à l’endroit des partis politiques et le pourcentage de sièges
qu’ils obtiennent au parlement. Les petits partis peuvent être
représentés;
- Il y a peu de votes qui n’ont aucune signification.
Chaque vote compte dans l’attribution des sièges au parlement.
Ce qui constitue un incitatif à aller voter puisque le vote de
chaque électeur peut faire la différence entre l’élection
ou la non élection d’un candidat ou la représentation
d’un parti politique au parlement;
- Les partis minoritaires peuvent être représentés;
- Puisque tous les votes comptent, les partis
politiques sont encouragés à présenter des listes
d’une grande diversité d’intérêts dans le but d’attirer
l’ensemble du vote national. Ce qui permet une meilleure représentation
des groupes minoritaires;
- Pour cette même raison, les listes permettent
plus facilement l’élection de femmes (pour attirer l’électorat
féminin les partis doivent présenter un nombre équitable
de candidates au sein de leur liste);
- Parce qu’on recherche l’ensemble du vote national,
la croissance des fiefs électoraux peut être restreinte
(par exemple, un parti comme l'Alliance canadienne dans l’Ouest canadien
qui verrait que le vote d’un électeur dans les Maritimes a autant
d’importance que le vote d’un électeur dans l’Ouest envisagerait
peut-être de tenir un discours davantage pan-canadien qu’un discours
qui est essentiellement axé sur les besoins de certains citoyens
de l’Ouest du pays).
e)
les désavantages du scrutin de listes
- Il
faut souvent apprendre à vivre avec des gouvernements de coalition,
ce qui ne permet pas toujours des prises de décisions cohérentes
et rapides;
- Les gouvernements de coalition peuvent être
pris en otage par de petits partis politiques qui font partie de cette
coalition;
- Les partis extrémistes peuvent se faire
entendre au parlement (plus le seuil est bas et les circonscriptions
électorales importantes en terme de députés à
élire, plus les chances d’élire des partis extrémistes
peuvent augmenter);
- Les coalitions gouvernementales peuvent être
artificielles sans que les partis qui en sont membres partagent vraiment
des vues communes;
- Les députés étant davantage
redevables aux leaders du parti politique pour lequel ils se sont présentés
(ce sont eux qui décident des listes), les liens sont faibles
entre ces représentants et l’électorat;
- Les listes fermées font en sorte que
les représentants sont encore plus dépendants des leaders
du parti que de l’électorat (car l’ordre des candidats sur les
listes est aussi déterminé par les autorités des
partis politiques).
f)
exemples de pays utilisant le scrutin de listes
La
Belgique, le Brésil, l’Argentine, le Danemark, la Finlande, les
Pays-Bas, la Grèce, Israël, la Pologne, le Portugal, l’Afrique
du Sud, l’Espagne, la Suède et la Suisse sont des pays utilisant
un tel système.
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2.2.2)
Représentation proportionnelle personnalisée
a)
aperçu
b) exemple de bulletin
de vote
c) exemple d'une journée
électoralee
d) les avantages
e) les désavantages
f) exemples de pays
a)
aperçu de la représentation proportionnelle personnalisée
Tout
comme les systèmes électoraux
mixtes, la représentation proportionnelle personnalisée
allie deux systèmes : un des systèmes majoritaires et
un autre de la représentation proportionnelle. À
la différence du système électoral mixte toutefois,
la représentation proportionnelle personnalisée fait en
sorte que la représentation proportionnelle compense la disproportion
créée par les systèmes majoritaires. De telle
sorte qu’en bout de ligne, si un parti récolte 15% des votes
dans la proportionnelle, suffisamment de sièges lui seront attribués
pour lui permettre de détenir au total (en combinant les deux
systèmes) 15% des sièges au parlement.
b)
exemple de bulletin de vote utilisé avec la représentation
proportionnelle personnalisée
|
Vous avez 2 bulletins
de vote
|
|
|
c)
exemple d'une journée électorale avec la représentation
proportionnelle personnalisée
| Supposons que le
Québec soit toujours divisé en 125 circonscriptions
électorales comme c’est le cas présentement.
À l’intérieur de ces circonscriptions électorales,
on doit élire des députés comme on le fait
présentement (le scrutin majoritaire
uninominal à un tour). Mais, de plus, on doit
choisir le parti politique que nous voudrions voir représenter
au parlement. Ce vote déterminera la représentation
globale des partis politiques au parlement. 75 sièges
sont attribués aux partis politiques en fonction du vote
qu’ils auront obtenu pour compenser la disproportion qui existe
entre le nombre de députés élus issus des
circonscriptions et le pourcentage du vote obtenu au niveau national.
Si un parti a fait élire 25 députés dans
les circonscriptions électorales et qu’il a obtenu 20%
du vote au niveau national, alors sur un total de 200 sièges
au parlement (125 sièges des circonscriptions + 75 sièges
additionnels pour le vote national) il devra détenir 40
sièges (20% de 200). Ainsi, 15 sièges lui
seront attribués pour compléter ses 25 premiers
obtenus par le biais du vote dans les circonscriptions électorales.
Marc a entre les
mains deux bulletins de vote comme ceux de plus haut.
Il choisit le candidat E pour représenter la circonscription
électorale dans laquelle il habite et il choisit le Parti
4 pour le parti qu’il voudrait voir représenté
au parlement. Il sait que le choix de son député
se fait en fonction du scrutin majoritaire
uninominal à un tour et que son vote pour le parti
de son choix déterminera la proportion globale des sièges
parlementaires qui seront attribués aux partis politiques.
À la fin
de la journée de votation, 32 000 électeurs de
sa circonscription ont voté ainsi :
Le candidat A a obtenu
4 000 voix;
Le candidat B a obtenu
5 000 voix;
Le candidat C a obtenu
6 000 voix;
Le candidat D a obtenu
4 000 voix;
Le candidat E a obtenu
5 000 voix;
Le candidat F a obtenu
8 000 voix.
Donc, le candidat
F du Parti 9 est élu avec 25% des suffrages exprimés
et sera le député de la circonscription de Marc.
Au niveau national,
voici ce que les 5 000 000 de Québécois ont décidé:
Le Parti 1 a obtenu
3% des voix, ce qui lui permet de détenir 6 sièges
(200 X 3%);
Le Parti 2 a obtenu
25% des voix, ce qui lui permet de détenir 50 sièges
(200 X 25%);
Le Parti 3 a obtenu
5% des voix, ce qui lui permet de détenir 10 sièges
(200 X 5%);
Le Parti 4 a obtenu
40% des voix, ce qui lui permet de détenir 80 sièges
(200 X 40%);
Le Parti 5 a obtenu
2% des voix, ce qui lui permet de détenir 4 sièges
(200 X 2%);
Le Parti 6 a obtenu
10% des voix, ce qui lui permet de détenir 20 sièges
(200 X 10%);
Le Parti 7 a obtenu
3% des voix, ce qui lui permet de détenir 6 sièges
(200 X 3%);
Le Parti 8 a obtenu
2% des voix, ce qui lui permet de détenir 4 sièges
(200 X 2%);
Le Parti 9 a obtenu
5% des voix, ce qui lui permet de détenir 10 sièges
(200 X 5%);
Le Parti 10 a obtenu
5% des voix, ce qui lui permet de détenir 10 sièges
(200 X 5%).
Au niveau de chacune
des 125 circonscriptions, voici les candidats des partis politiques
qui ont été élus :
Le Parti 4 a fait
élire 70 députés;
Le Parti 2 a fait
élire 45 députés;
Le Parti 6 a fait
élire 10 députés.
Alors les 75 autres
sièges du parlement seront distribués ainsi pour
s’assurer que les partis politiques obtiennent leur juste proportion
de sièges : six sièges au Parti 1 (il a
droit à 6 sièges selon la proportionnelle, mais
en a obtenu aucun dans les circonscriptions), cinq sièges
au Parti 2 (il a droit à 50 sièges selon la proportionnelle,
mais en a obtenu que 45 dans les circonscriptions), dix sièges
au Parti 3 (il a droit à 10 sièges selon la proportionnelle,
mais en a obtenu aucun dans les circonscriptions), dix sièges
au Parti 4 (il a droit à 80 sièges selon la proportionnelle,
mais en a obtenu que 70 dans les circonscriptions), quatre sièges
au Parti 5 (il a droit à 4 sièges selon la proportionnelle,
mais en a obtenu aucun dans les circonscriptions), dix sièges
au Parti 6 (il a droit à 20 sièges selon la proportionnelle,
mais en a obtenu que 10 dans les circonscriptions), six sièges
au Parti 7 (il a droit à 6 sièges selon la proportionnelle,
mais en a obtenu aucun dans les circonscriptions), quatre sièges
au Parti 8 (il a droit à 4 sièges selon la proportionnelle,
mais en a obtenu aucun dans les circonscriptions), dix sièges
au Parti 9 (il a droit à 10 sièges selon la proportionnelle,
mais en a obtenu aucun dans les circonscriptions) et dix sièges
au Parti 10 (il a droit à 10 sièges selon la proportionnelle,
mais en a obtenu aucun dans les circonscriptions). Ces
candidats supplémentaires choisis pour représenter
les partis politiques au parlement le sont en fonction de listes
déterminées d’avance par les différents
partis politiques (listes fermées).
|
d)
les avantages de la représentation proportionnelle personnalisée
- Nous
y retrouvons les mêmes avantages que ceux de la représentation
proportionnelle;
- Il existe une représentation géographique
de sorte que les électeurs peuvent se sentir associés
à leur représentant particulier (le scrutin majoritaire
uninominal à un tour).
e)
les désavantages de la représentation proportionnelle
personnalisée
-
Le vote national au niveau de la représentation proportionnelle
est plus important que le vote du niveau local pour élire son
représentant. Cette subtilité n’est pas toujours
comprise des électeurs;
- Il existe deux catégories de députés
: ceux qui sont avant tout redevables à l’électorat et
les autres qui sont avant tout redevables aux leaders des partis politiques
qui choisissent l’ordre des candidats de leurs listes.
f)
exemples de pays utilisant la représentation proportionnelle
personnalisée
L’Allemagne,
la Nouvelle-Zélande, la Bolivie, l’Italie, le Venezuela et le
Mexique sont des pays qui utilisent un tel système.
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2.2.3)
Vote unique transférable
a)
aperçu
b) exemple de bulletin
de vote
c) exemple d'une journée
électorale
d) les avantages
e) les désavantages
f) exemples de pays
a)
aperçu du vote unique transférable
Ce
système est utilisé pour l’élection de plusieurs
représentants dans les circonscriptions électorales.
Tout comme le mode de scrutin
préférentiel, l’électeur doit indiquer sur
le bulletin de vote l’ordre de ses préférences.
Souvent, il lui est permis de ne choisir qu’un seul candidat.
Pour
être élus, les candidats doivent obtenir le quota suivant
:
quota
= [votes/(sièges + 1)] +1
Les
votes étant le nombre de votes exprimés dans la circonscription
électorale et les sièges étant le nombre de candidats
à élire dans la circonscription électorale.
On
compte les premiers choix des bulletins de vote. Les candidats
qui atteignent le quota sont élus. S’il n’y a pas suffisamment
d’élus, le candidat avec le moins de premiers choix est éliminé
et les 2e choix de ces bulletins rejetés sont redistribués
aux autres candidats. Les votes des candidats élus qui
sont en surplus du quota nécessaire à leur élection
sont aussi redistribués en fonction des 2e choix qui y sont exprimés.
Pour ne pas discriminer, on prend l’ensemble des bulletins de vote du
candidat élu. Chaque vote n’équivaut alors qu’à
une fraction de vote, cette fraction équivalant au surplus (le
nombre total de votes obtenus par le candidat moins le quota) divisé
par le nombre total de votes obtenus par le candidat.
b)
exemple de bulletin de vote utilisé avec le vote unique transférable
Inscrivez
les chiffres de 1 à 18 dans les cercles selon votre préférence
Parti
1
Candidat
A
Candidat
B
Candidat
C
Candidat
D |
Parti
2
Candidat
E
Candidat
F
Candidat
G
Candidat
Q |
Parti
3
Candidat
H
Candidat
I
Candidat
J
Candidat
K |
Parti
4
Candidat
L
Candidat
M
Candidat
N
Candidat
R |
Indépendants
Candidat
O
Candidat
P |
|
c)
exemple d'une journée électorale avec le vote unique transférable
| Supposons que le
territoire québécois soit divisé en 30 circonscriptions
électorales, chacune étant représentée
par 5 députés. Dans la circonscription électorale
de Marc, il y a 150 000 électeurs qui se sont exprimés
lors de la journée de votation. Le quota est donc
établi comme suit : quota = [150 000/(5 + 1)] +1 ou 25
001 votes. Donc, les candidats qui obtiendront 25 001 suffrages
seront élus. Les 5 premiers choix de Marc (en ordre
de préférence) sont les suivants: Candidat C du
Parti 1, Candidat D du Parti 1, Candidat A du Parti 1, Candidat
F du Parti 2 et Candidat J du Parti 3.
Le décompte
de l’ensemble des bulletins de vote dans cette circonscription
électorale donne les résultats suivants :
27 000 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat D;
26 000 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat C;
26 000 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat F;
24 000 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat J;
23 000 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat M;
3 000 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat A;
2 000 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat B;
2 000 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat E;
2 000 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat G;
2 000 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat H;
2 000 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat I;
2 000 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat K;
2 000 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat L;
2 000 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat N;
1 500 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat P;
1 250 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat O;
1 250 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat Q;
1 000 électeurs
ont donné leur premier choix au candidat R.
Que peut-on conclure
? Les candidats D, C et F sont élus. Le candidat
R est éliminé et les deuxièmes choix exprimés
sur ses bulletins de vote sont distribués aux autres
candidats. Aussi, les votes qui excèdent les quotas
obtenus par les candidats élus sont répartis en
fonction des deuxièmes choix qui y sont inscrits.
Voici comment le tout fonctionne :
200 électeurs
ayant choisi comme premier choix le candidat R (qui est éliminé)
ont choisi comme deuxième choix le candidat J ;
800 électeurs
ayant choisi comme premier choix le candidat R ont choisi comme
deuxième choix le candidat M ;
Donc, les candidats
J et M sont respectivement rendus à 24 200 (24 000 +
200) et 23 800 (23 000 + 800) voix. Ils n’ont pas encore
atteint le quota réglementaire.
Des 27 000 électeurs
qui ont choisi le candidat élu D, 10 000 avaient fait
comme deuxième choix le candidat J et 9 000 le candidat
M. Mais dans ce cas, chaque vote redistribué n’équivaut
alors qu’à une fraction de vote, cette fraction équivalant
au surplus (le nombre total de votes obtenus par le candidat
moins le quota) divisé par le nombre total de votes obtenus
par le candidat. Donc, chaque vote redistribué
de D égale (27000-25001)/27000=0,074037. Il faut
donc ajouter au candidat J, 740 votes (0,074037 X 10 000) et
au candidat M 666 votes (0,074037 X 9 000). Il faudrait
faire ce même exercice pour les douze autres candidats
restants.
Des 26 000 électeurs
qui ont choisi le candidat élu C, 8 000 avaient fait
comme deuxième choix le candidat J et 6 000 le candidat
M. Encore une fois, chaque vote redistribué n’équivaut
qu’à une fraction de vote, cette fraction équivalant
au surplus (le nombre total de votes obtenus par le candidat
moins le quota) divisé par le nombre total de votes obtenus
par le candidat. Donc, chaque vote redistribué
de C égale (26000-25001)/26000=0,0384. Il faut
donc ajouter au candidat J, 307 votes (0,0384 X 8 000) et au
candidat M 230 votes (0,0384 X 6 000). Il faut faire ce
même exercice pour les douze autres candidats restants.
Des 26 000 électeurs
qui ont choisi le candidat élu F, 12 000 avaient fait
comme deuxième choix le candidat J et 8 000 le candidat
M. En conséquence, chaque vote redistribué
de F égale (26000-25001)/26000=0,0384. Il faut
donc ajouter au candidat J, 460 votes (0,0384 X 12 000) et au
candidat M 307 votes (0,0384 X 8 000). Même exercice
pour les douze autres candidats restants.
Ainsi, aux 24 200
voix de J, il faut rajouter 1507 votes (740 + 307 + 460), ce
qui lui donne 25 707 voix. J est maintenant élu
parce qu’il a franchi le quota de 25 001 suffrages. Aux
23 800 voix de M, il faut rajouter 1203 votes (666 + 230 + 307),
ce qui lui donne 25 003 voix. M est maintenant élu.
|
d)
les avantages du vote unique transférable
- Ce
système permet de faire des choix entre des partis ou entre des
candidats de partis politiques;
- Le pourcentage des votes exprimés à
l’endroit des partis politiques correspond à peu près
bien au pourcentage des sièges attribués aux partis politiques
dans le parlement;
- Parce que les votes peuvent être transférables
d’un parti à l’autre, ce système permet une collaboration
et un rapprochement entre les partis politiques avant la journée
de l’élection;
- Il est plus facile à des candidats indépendants
de se faire élire.
e)
les désavantages du vote unique transférable
-
Il est plus complexe que les autres systèmes électoraux;
- Il faut vivre avec les désavantages des
systèmes optant pour la représentation proportionnelle
(entre autres, la présence de petits partis politiques et les
conséquences qui peuvent en découler);
- Les candidats d’un même parti politique
peuvent se faire concurrence pour obtenir la faveur populaire.
f)
exemples de pays utilisant le vote unique transférable
L’Irlande,
Malte et le sénat australien utilisent un tel type de système
électoral.
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2.3)
Systèmes hybrides
2.3.1)
Systèmes électoraux mixtes
a)
aperçu
b) exemple de bulletin
de vote
c) exemple d'une journée
électorale
d) les avantages
e) les désavantages
f) exemples de pays
a)
aperçu des systèmes électoraux mixtes
Ce
système électoral est, en fait, la combinaison de deux
: un issu de la représentation proportionnelle (peu importe la
variante) et l’autre des systèmes majoritaires (là aussi
peu importe la variante). Un certain nombre de sièges parlementaires
sont associés au système de représentation proportionnelle
et les autres sièges au système à majorité
simple ou absolue. Toutefois, et ceci contrairement à la
représentation
proportionnelle personnalisée, les sièges issus du
système de la représentation proportionnelle ne compense
pas l’absence de proportionalité du système à majorité
simple ou absolue.
b)
exemple de bulletin de vote utilisé dans un système électoral
mixte
Voici
l’exemple d’un système combinant le scrutin majoritaire uninominal
à un tour et le scrutin de listes. Il ne faut pas oublier
que ce peut être la combinaison de deux autres systèmes.
On aurait pu avoir le scrutin majoritaire à deux tours combiné
à un autre système de représentation proportionnelle.
|
Vous avez 2 bulletins
de vote
|
|
|
c)
exemple d'une journée électorale avec un système
électoral mixte
| Supposons que le
Québec soit toujours divisé en 125 circonscriptions
électorales comme c’est le cas présentement.
À l’intérieur de ces circonscriptions électorales,
on doit élire des députés comme on le fait
présentement (le scrutin majoritaire
uninominal à un tour). Mais, de plus, on doit
choisir le parti politique que nous voudrions voir représenter
au parlement. 50 députés seront élus
en fonction de la répartition des votes obtenus par les
différents partis politiques au niveau national (scrutin
de listes).
Marc a deux bulletins
de vote comme ci-haut. Pour sa circonscription électorale,
il choisit le candidat B du Parti 3. Pour le parti politique
au niveau national, il choisit le Parti 10.
À la fin
de la journée de votation, voici le décompte des
votes. Dans la circonscription électorale de Marc,
où 32 000 électeurs ont voté, les résultats
sont les suivants:
Le candidat A a
reçu 10 000 voix;
Le candidat B a reçu
8 000 voix;
Le candidat C a reçu
3 000 voix;
Le candidat D a reçu
3 000 voix;
Le candidat E a reçu
4 000 voix;
Le candidat F a reçu
4 000 voix.
Ainsi le candidat
A est élu représentant de la circonscription électorale
où habite Marc. C’est de cette façon que
les représentants des 125 circonscriptions électorales
sont élus. Maintenant au niveau national, voici
le décompte des 5 000 000 bulletins de vote (pour le
parti politique) des Québécois qui ont voté:
Le Parti 1 a obtenu
1 500 000 voix ou 30% des suffrages;
Le Parti 2 a obtenu
500 000 voix ou 10% des suffrages;
Le Parti 3 a obtenu
300 000 voix ou 6% des suffrages;
Le Parti 4 a obtenu
300 000 voix ou 6% des suffrages;
Le Parti 5 a obtenu
200 000 voix ou 4% des suffrages;
Le Parti 6 a obtenu
500 000 voix ou 10% des suffrages;
Le Parti 7 a obtenu
1 000 000 voix ou 20% des suffrages;
Le Parti 8 a obtenu
400 000 voix ou 8% des suffrages;
Le Parti 9 a obtenu
200 000 voix ou 4% des suffrages;
Le Parti 10 a obtenu
100 000 voix ou 2% des suffrages.
Si nous supposons
que les partis politiques ne sont pas obligés d’obtenir
un seuil minimal de x% pour avoir le droit d’obtenir un siège
parlementaire, il ne faut alors exclure aucun parti politique
de la répartition des 50 sièges. Donc, en
plus des candidats qu’ils auront réussi à faire
élire dans chacune des 125 circonscriptions électorales
du Québec, les partis politiques se verront attribuer
les 50 autres sièges comme suit : quinze représentants
pour le Parti 1 (soit 30% des 50 sièges), cinq représentants
pour le Parti 2 (soit 10% des 50 sièges), trois représentants
pour le Parti 3 (soit 6% des 50 sièges), trois représentants
pour le Parti 4 (soit 6% des 50 sièges), deux représentants
pour le Parti 5 (soit 4% des 50 sièges), cinq représentants
pour le parti 6 (soit 10% des 50 sièges), dix représentants
pour le Parti 7 (soit 20% des 50 sièges), quatre représentants
pour le Parti 8 (soit 8% des 50 sièges), deux représentants
pour le Parti 9 (soit 4% des 50 sièges) et un représentant
pour le Parti 10 (soit 2% des 50 sièges).
|
d)
les avantages des systèmes électoraux mixtes
- Les
électeurs ont deux bulletins de vote et peuvent exercer leurs
choix sur deux fronts : au niveau de leur circonscription électorale
et au niveau national;
- Parce qu’il y a deux bulletins de vote, il est
plus facile pour les partis minoritaires de se faire représenter
au parlement (par exemple le Parti 10 de notre exemple).
e)
les désavantages des systèmes électoraux mixtes
- Ce
système crée deux catégories de députés
: ceux qui sont redevables de leur élection à l’électorat
et ceux qui sont davantage redevables de leur élection aux leaders
du parti politique qui leur ont permis d’être sur la liste du
parti (pour le volet de la représentation proportionnelle du
système);
- Il s’agit d’un système relativement complexe
qui peut laisser les électeurs confus devant les deux bulletins
de vote qu’ils se doivent de remplir.
f)
exemples de pays utilisant des systèmes électoraux mixtes
Des
pays tels que la Russie,
le Cameroun, le Japon et la Corée du Sud combinent un système
de représentation proportionnelle pour un certain nombre de leurs
députés et le scrutin majoritaire uninominal à
un tour pour une autre partie. D’autres pays comme l’Albanie,
la Géorgie et l’Arménie combinent un système de
représentation proportionnelle avec le scrutin majoritaire à
deux tours.
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2.3.2)
Vote unique non-transférable
a)
aperçu
b) exemple de bulletin
de vote
c) exemple d'une journée
électorale
d) les avantages
e) les désavantages
f) exemples de pays
a)
aperçu du vote unique non-transférable
Chaque
électeur reçoit un seul bulletin de vote pour l’élection
de plusieurs représentants dans sa circonscription électorale.
Les candidats ayant recueilli le plus grand nombre de voix remportent
l’élection.
b)
exemple de bulletin de vote utilisé avec le vote unique non-transférable
Cochez
le candidat de votre choix (un seul choix)
Parti
1
Candidat
A
Candidat
B
Candidat
C
Candidat
D |
Parti
2
Candidat
E
Candidat
F
Candidat
G |
Parti
3
Candidat
H
Candidat
I
Candidat
J
Candidat
K |
Parti
4
Candidat
L
Candidat
M
Candidat
N |
Indépendants
Candidat
O
Candidat
P
Candidat
Q
Candidat
R |
|
c)
exemple d'une journée électorale avec le vote unique non-transférable
Supposons que le
territoire québécois soit divisé en 40 circonscriptions
électorales chacune devant être représentées
par 3 députés. Dans sa circonscription électorale,
Marc reçoit un bulletin de vote comme le précédent
et il se doit de choisir un seul candidat. Il choisit le
candidat M du Parti 4. À la fin de la journée
électorale, voici le décompte des choix des
96 000 électeurs
de la circonscription électorale dans laquelle habite Marc:
Le candidat A du
Parti 1 reçoit 7 500 voix;
Le candidat B du
Parti 1 reçoit 3 000 voix;
Le candidat C du
Parti 1 reçoit 6 000 voix;
Le candidat D du
Parti 1 reçoit 1 500 voix;
Le candidat E du
Parti 2 reçoit 9 000 voix;
Le candidat F du
Parti 2 reçoit 3 000 voix;
Le candidat G du
Parti 2 reçoit 3 000 voix;
Le candidat H du
Parti 3 reçoit 6 000 voix;
Le candidat I du
Parti 3 reçoit 6 750 voix;
Le candidat J du
Parti 3 reçoit 6 000 voix;
Le candidat K du
Parti 3 reçoit 6 000 voix;
Le candidat L du
Parti 4 reçoit 6 000 voix;
Le candidat M du
Parti 4 reçoit 12 000 voix;
Le candidat N du
Parti 4 reçoit 6 750 voix;
Le candidat O indépendant
reçoit 4 500 voix;
Le candidat P indépendant
reçoit 3 000 voix;
Le candidat Q indépendant
reçoit 3 000 voix;
Le candidat R indépendant
reçoit 3 000 voix.
C’est alors que
les candidats A du Parti 1, E du Parti 2 et M du Parti 4 sont
élus et détiendront les 3 sièges parlementaires
de la circonscription électorale où vit Marc.
|
d)
les avantages du vote unique non-transférable
- Considérant
que ce n’est pas le parti ou le candidat le plus populaire qui l’emporte
mais les partis ou les candidats les plus populaires, les partis minoritaires
peuvent alors réussir à se faire représenter au
parlement;
- Sur leur bulletin de vote, les électeurs
peuvent choisir un candidat aux dépens d’autres porte-parole
d’un même parti politique;
- Le système est très simple à
comprendre et à administrer.
e)
les désavantages du vote unique non-transférable
-
Les candidats d’un même parti politique peuvent se faire concurrence
entre eux pour obtenir la faveur populaire dans les limites d’une même
circonscription électorale;
- Ce système ne peut toutefois pas garantir
la proportionnalité entre le pourcentage de voix reçu
et le pourcentage de sièges obtenu. Il peut offrir des
sièges en bonus au parti le plus populaire comme c’est le cas
pour le scrutin majoritaire uninominal à un tour;
- Dans une circonscription électorale où
5 candidats doivent se faire élire, seulement 20% des voix sont
alors nécessaires pour obtenir assurément un siège.
Ce système laisse donc la porte ouverte au clientélisme;
- Les électeurs n’ayant qu’un seul bulletin
de vote et les partis politiques voulant faire élire le plus
de candidats possibles issus de leur rang dans une circonscription électorale,
les partis créent des stratégies et envoient des mots
d’ordre à leurs supporters pour que ces derniers ne votent pas
tous pour le même candidat.
f)
exemples de pays utilisant le vote unique non-transférable
Notons
la Jordanie, Taiwan et le Japon, ce dernier ayant utilisé ce
système jusqu’en 1993.
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3.
Répartition des différents systèmes
électoraux sur la planète
Selon
le « Institute for Democracy and Electoral Assistance »
, voici la répartition des différents systèmes
électoraux sur la planète. Nous y incluons tous
les pays, qu'ils soient démocratiques ou non.
| Les
systèmes électoraux |
%
des systèmes répertoriés |
%
de la population globale |
| Scrutin
majoritaire uninominal à un tour |
32% |
45% |
| Scrutin
majoritaire plurinominal à un tour |
6% |
3% |
| Scrutin
majoritaire à deux tours |
15% |
10% |
| Mode
de scrutin préférentiel |
1% |
0,4% |
| Total
Systèmes majoritaires |
54% |
59% |
| Scrutin
de listes |
31% |
23% |
| Représentation
proportionnelle personnalisée |
3% |
6% |
| Vote
unique transférable |
1% |
0,1% |
| Total
Systèmes de représentation proportionnelle |
35% |
30% |
| Systèmes
électoraux mixtes |
9% |
11% |
| Vote
unique non-transférable |
1% |
0,1% |
| Total
Systèmes hybrides |
10% |
11% |
| Andrew
Reynolds, Ben Reilly et autres. - The International IDEA Handbook
of Electoral System Design. - Stockholm: International Institute
for Democracy and Electoral Assistance, 1997. |
4.
Sources bibliographiques
Soulignons,
comme importante source de référence de ce qui a été
interprété dans ces paragraphes, le livre du International
Institute for Democracy and Electoral Assistance (IDEA) intitulé:
«
The International IDEA Handbook of Electoral System Design » écrit
sous la direction de Reynolds et Reilly (Stockholm, 1997).
Le site web: http
://www.int-idea.se
«
Les systèmes électoraux » écrit par Brian
O'Neal. Service de recherche de la Bibliothèque du Parlement,
division des affaires politiques et sociales. Ottawa: mai 1993.
No BP-334F.
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